Le compost est issu d’un traitement en conditions aérobies appelé compostage. Il est important de définir ce que recouvre le terme compostage, tant au niveau des processus biologiques en cause, que des techniques de mise en œuvre à l’échelle industrielle.

Pour l’utilisateur, la connaissance du compost fait appel à des critères agronomiques et à des critères d’innocuité.

La traçabilité, depuis l’origine des matières premières mises au compost jusqu’à l’épandage au champ, est nécessaire pour maintenir un haut niveau de qualité et la pérennisation des filières du compostage.

Définition du compost

Le compost est un produit organique issu du procédé de compostage. C’est avant tout ce dernier terme qu’il convient de définir car c’est le déroulement correct du procédé qui conditionne l’obtention d’un « compost ».

Définition du compostage

Le compostage est un procédé de transformation aérobie, c’est-à-dire en présence d’oxygène, de matières fermentescibles dans des conditions contrôlées. Il permet l’obtention d’une matière fertilisante stabilisée riche en composés humiques, le compost, susceptible d’être utilisé s’il est de qualité suffisante, en tant qu’amendement organique améliorant la structure et la fertilité des sols. Le compostage s’accompagne d’un dégagement de chaleur et de gaz carbonique. Dans le processus de compostage on distingue 4 phases chronologiques, en lien avec le dégagement de chaleur :

  • la phase mésophile,
  • la phase thermophile,
  • la phase de refroidissement,
  • la phase de maturation.

Sur les plates-formes industrielles les trois premières phases sont regroupées sous la dénomination « fermentation ». Le gérant d’une plate-forme distingue ainsi dans le compostage la phase de fermentation, qui dure en général quelques semaines, de la phase de maturation, qui peut durer plusieurs mois, notamment lorsque l’on met à composter des déchets ligneux.

Processus biologiques et biochimiques

Le dégagement de chaleur observé pendant le processus de compostage est dû à l’activité des microorganismes, notamment des bactéries thermophiles qui interviennent lors de la phase du même nom. Pendant la phase de « fermentation », ce sont surtout des bactéries aérobies qui interviennent, en dégradant majoritairement la cellulose contenue dans les matières organiques mises au compost. Lors de la phase de maturation qui suit, ce sont plutôt des populations de champignons qui colonisent le compost, transformant la lignine en composés humiques.

Critères agronomiques

Intérêt pour les sols

Pour les sols l’intérêt du compost se situe à deux niveaux :

  • Le premier est l’augmentation de sa teneur en matière organique, laquelle a un impact sur les propriétés des sols permettant leur préservation (en limitant leur érosion notamment) et leur fertilité au sens large (physique, chimique, biologique).
  • Le second niveau est la fourniture d’éléments fertilisants contenus dans le compost apporté (N, P, K, Ca, Mg, S), qui non seulement constitue une économie substantielle pour les agriculteurs sur leur achat d’engrais, mais permet également de réduire globalement l’impact de l’agriculture sur la facture énergétique (moins d’énergie liée d’une part à la fabrication des engrais, azoté en particulier, d’autre part à leur commercialisation puis à leur épandage).

Intérêt pour l’environnement

Pour l’environnement deux bénéfices sont liés directement à l’apport de compost :

  • Une diminution des nuisances liées aux filières traditionnelles de traitement des déchets : l’incinération et la mise en décharge, deux techniques qui outre l’emprise au sol qu’elles demandent, nécessitent une technologie coûteuse pour limiter au maximum les émissions de polluants dans l’environnement (filtres pour le traitement de l’air, étanchéité pour protéger le sous-sol). Comme évoqué plus haut, le retour au sol, par le compostage permet également une diminution des impacts énergétiques et environnementaux liés à la baisse de l’utilisation des engrais minéraux de synthèse.
  • Un stockage accru de carbone : la matière organique du sol est le plus grand réservoir terrestre de carbone (à l’échelle planétaire, il représente quelque 1 500 milliards de tonnes, soit deux fois plus que le stock dans l’atmosphère). Une augmentation même minime du stockage dans les sols pourrait donc jouer un rôle significatif dans la limitation du flux net de gaz à effet de serre (GES) vers l’atmosphère.

Critères d’innocuité

L’origine variée des composts susceptibles d’être retournées au sol nécessite une vigilance permanente sur les points suivants :

La qualité sanitaire

Tout risque de contamination (bactériologique, virale, parasitaire, etc.) doit être écarté.

L’accumulation de polluants

Elle concerne les éléments traces métalliques (ETM) mais aussi les composés traces organiques (CTO) et autres indésirables (verre, plastique, etc.). Bien que limité grâce à la réglementation, le risque de contamination des sols par ces éléments existe quelle que soit le type de compost utilisé. Il doit donc dans tous les cas être évalué et minimisé autant que possible.

Les seuils à respecter

La réglementation sur la mise en marché des matières fertilisantes imposent des seuils (limites à ne pas dépasser) sur certains critères d’innocuité, notamment dans le cadre des deux normes s’appliquant aux produits organiques : la norme AFNOR NF U 44-051 et la norme AFNOR NF U 44-095. Ils concernent les éléments traces métalliques (ETM), les paramètres microbiologiques, les inertes et les composés traces organiques (CTO).

Traçabilité

La mise en place d’une traçabilité est un point crucial pour pérenniser les filières de compostage des matières organiques. Le suivi par lot de production des composts est ainsi un dispositif qui doit permettre de tirer toutes les filières de traitement vers le haut, en permettant de remonter à la source de production du déchet organique ou aux conditions de traitement lorsque le respect d’un critère qualitatif pose question. Dans ce cas la traçabilité est le seul moyen de remonter jusqu’au fournisseur initial et sert alors à mettre en œuvre les corrections nécessaires à l’amélioration de la qualité.

La traçabilité est d’autant plus importante à mettre en place lorsque la composition des matières mises à composter est susceptible de varier au cours de l’année. C’est le cas typique des boues de stations d’épuration, dont un lot peut par exemple être plus chargé en ETM qu’un autre.

Qualité des matières premières + Qualité du traitement = Qualité du produit fini

La traçabilité est également un gage de transparence de la filière de compostage car elle implique une mise à disposition des analyses et/ou modes opératoires auprès des utilisateurs du produit fini.

La traçabilité est inscrite dans les textes réglementaires

Qu’il s’agisse de l’obligation d’analyser les boues de stations d’épuration avant compostage, de la mise en œuvre des plans d’épandage, de la tenue des cahiers de fertilisation, etc., les différents textes réglementaires prévoient l’organisation de la traçabilité.

A titre d’exemple l’annexe C de la norme NF U 44-095 impose la tenue de plusieurs registres qui doivent chacun mentionner dans le détail toutes les informations nécessaire au suivi de la traçabilité (identification des produits, nom et coordonnées des producteurs, dates, quantités, etc.) :

  • Registre d’entrée des matières premières
  • Registre de stockage des matières premières
  • Registre de production (mélange, compostage, formulation…)
  • Registre des produits finis
  • Registre de produits commercialisables

Document(s)

Compostage : les principes – Chambre Régionale d’Agriculture PACA

Impact de l’apport de compost – Mission régionale d’accompagnement

Les seuils concernant les critères d’efficacité – Mission régionale d’accompagnement

Les seuils concernant les critères d’innocuité – Mission régionale d’accompagnement

Lien(s) utile(s)

Intérêt de la filière – compostage-paca.fr

Maîtrise du procédé – compostage-paca.fr

Fiches matières organiques, Chambre régionale d’agriculture PACA, www.chambre-agriculturepaca.fr