La qualité du compost final dépend étroitement du soin et du savoir-faire de l’exploitant dans la maîtrise technique du procédé de compostage à toutes les étapes :

  • Réception : accueil des déchets sur la plateforme
  • Tri des indésirables
  • Broyage des résidus ligneux
  • Mélange de déchets
  • Suivi et régulation des paramètres du compostage : température, humidité, taux de CO2
  • Fréquence des manipulations (retournements)
  • Préparation à la commercialisation : tamisage, ensachage…

Dans ce chapitre sont présentés :

  • les principes de base : les grandes règles à connaître pour la gestion du procédé de compostage
  • des informations sur les normes et les principaux cahiers des charges Qualité applicables à l’étape de fabrication du compost

Principes de base

La traçabilité des produits et les exigences de résultats sur la qualité du compost sont les deux grands principes qui régissent les bonnes pratiques dans la conduite du procédé. Ce sont des paramètres incontournables pour conquérir et asseoir la confiance des consommateurs de compost.

  • En effet, il est indispensable de pouvoir retrouver les informations concernant toutes les étapes de la filière compostage afin de garantir la transparence et la maîtrise de la qualité du compost.
  • Par ailleurs, les utilisateurs de compost doivent avoir la garantie d’une qualité minimale des composts fixée par la réglementation.

De plus, deux textes fixent les prescriptions réglementaires concernant la gestion du compostage dans les installations ICPE :

L’AFNOR a édité deux guides d’interprétation sous forme de normes non obligatoires : la norme NF U 44-190 pour l’application de la norme NF U 44-095, et la NF U 44-191 pour l’application de la norme NF U 44-051 ; disponibles auprès de l’AFNOR

Traçabilité du compost

La mise en œuvre d’une traçabilité du compost produit passe par les règles suivantes :

  • La tenue de registres : Entrées de déchets, Sortie de composts ou déchets. L’exploitant est tenu d’élaborer un cahier des charges de la qualité des déchets admissibles sur l’installation et de vérifier la conformité pour chaque arrivage.
  • La gestion par lot (« quantité de produits fabriquée dans un seul établissement sur un même site de production en utilisant des paramètres de production uniformes et qui est identifiée de façon à en permettre le rappel ou le retraitement si nécessaire »). L’exploitant doit définir l’organisation retenue pour assurer cette gestion par lot, et renseigner un document de suivi technique des lots.
  • Pour les boues de station d’épuration, il est obligatoire de réaliser régulièrement des analyses à l’arrivée selon des fréquences définies en fonction des quantités à l’annexe IV de l’arrêté du 08 janvier 1998 concernant l’épandage de boues ; et de consigner les informations sur l’origine, le procédé, et les résultats d’analyse.

En outre, l’arrêté du 22 avril 2008 (autorisation 2780) précise que « le mélange de divers déchets ou le retour en tête du compost dans le seul but de diluer les polluants ou indésirables est interdit. »

Obligation de résultats

Les installations de compostage doivent produire des composts respectant la réglementation sur la commercialisation des matières fertilisantes et supports de culture. L’arrêté du 12 juillet 2011 précise que 90 % des composts minimum doivent être homologués ou respecter une norme d’application obligatoire ; le compost non conforme suit alors les prescriptions d’épandage des arrêtés encadrant l’activité des installations relevant de la rubrique 2780.

La circulaire du 21 octobre 2011 précise que le compost de boues non conforme à la norme NF U 44-095 ne doit pas excéder 10 %. Si la qualité des boues ne permet pas d’aboutir à la conformité le plan d’épandage est rattaché au producteur de boues.

Les obligations de qualité promulguées dans les normes concernent notamment :

  • La mise en œuvre d’un compostage caractérisé (homogénéisation, hygiénisation, montée en température et perte de masse et volume, atteinte de la maturité).
  • Le respect de valeurs seuils sur les critères agronomiques (teneur en matières sèches, matières organiques, NPK), les critères d’innocuité (Eléments Trace Métalliques, Composés Traces Organiques, indésirables), et les paramètres microbiologiques.

Normes et référentiels

Les exigences sur la gestion de la plateforme, la qualité du compost ainsi que la conduite du procédé de compostage, sont dictées par différents documents.

Les normes d’application obligatoire

Il existe deux normes d’application obligatoire pour la mise sur le marché du compost :

  • NF U 44-051 « Amendement organique »,
  • NF U 44-095 « Amendements organiques – Compost contenant des matières d’intérêt agronomique, issues du traitement des eaux »

Afin d’accompagner les responsables d’installation de compostage, des normes élaborées par l’AFNOR font office de guides d’application.

Les normes d’application obligatoire fixent des critères concernant la qualité du produit et certaines règles en lien avec la conduite du procédé.

Les critères agronomiques du compost

Ils déterminent le potentiel fertilisant du compost à la fois pour les sols mais aussi les cultures.

Ce potentiel est encadré notamment par des valeurs seuils en :

  • matières sèches : le taux de MS ≥ 30 % de MB
  • matières organiques (minimum de 20 % à 25 % de matières brutes- MB, en fonction des dénominations) ; elles confèrent au produit sa caractéristique « d’amendement organique »,
  • éléments minéraux fertilisants (N, P2O5 et K2O) : ils doivent au contraire être inférieurs à 3 % pour chacun, et à 7 % pour l’ensemble ; sinon le produit est considéré comme un « engrais organique » et doit se référer à la réglementation correspondante.

Les critères d’innocuité du compost

Ils définissent les indicateurs sur la qualité sanitaire et sur les risques de diffusion de pollution. Sont ainsi fixés des valeurs seuils sur les Eléments Traces Métalliques ou ETM, les Composés Traces Organiques ou CTO, les paramètres microbiologiques, et les inertes.

Ces critères imposent à l’exploitant un contrôle strict de la qualité des intrants et notamment une vigilance sur :

  • Les traitements phytosanitaires et vétérinaires appliqués par les producteurs de déchets
  • La présence d’indésirables tels que verre, plastique, PSE (polystyrène expansé), métaux

La définition d’un compostage caractérisé

  • une augmentation initiale, nécessaire et transitoire de la température de l’ensemble des produits organiques qui permet son hygiénisation ;
  • une perte de masse et de volume ;
  • une homogénéisation du produit ;
  • la transformation des matières premières organiques selon des processus naturels dans les sols (humification des résidus végétaux par exemple) ;
  • un degré de maturité en relation avec l’usage du produit.

Les autorités de contrôle peuvent demander un document décrivant le procédé utilisé pour le compostage caractérisé, notamment la gestion par lot.

Des indicateurs de traitement sont proposés afin de vérifier l’hygiénisation des matières (mesure des taux d’E.coli et Entérocoque). Il est aussi conseillé de réaliser régulièrement des analyses intra–lot afin de s’assurer de leur homogénéité.

Une liste positive de matières organiques

Cette liste définit clairement les déchets organiques pouvant entrer dans la composition du compost et les spécifications sur le produit fini (% de matière organique).

Le conventionnement de l’Agence de l’Eau

L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse conventionne avec les installations de compostage de boues produisant au moins 10 % de compost normé (NF U 44-095).

Ce système implique une auto-surveillance afin de respecter les critères de l’Agence, vérifiés lors d’audits externes, notamment la conservation des échantillons, et le respect de « seuils indicateurs » sur les ETM dans les boues entrantes afin de sécuriser la production de composts conformes à la norme.

Des référentiels « Qualité » volontaires

L’application des règles édictées dans les cahiers des charges ci-dessous répond à une démarche marketing volontaire spécifique, ou à des exigences commerciales des utilisateurs de composts.

Document(s)

Support d’intervention de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, L. Bour – Journée « Maîtrise de la qualité des boues dans la filière compostage », 18 octobre 2011

Lien(s) utile(s)

Connaissance du compost – compostage-paca.fr

La gestion des boues urbaines, Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, www.eaurmc.fr